Cybersécurité automobile : protéger les véhicules connectés et systèmes embarqués

Découvrez les enjeux de la cybersécurité automobile, les principales menaces et les normes ISO/SAE 21434 et UNECE R155

Par Guillaume Sery
Le 24 août 2026
Cybersécurité automobile

L’évolution du véhicule connecté et l’explosion du logiciel embarqué ont métamorphosé le secteur automobile. Désormais, une voiture moderne embarque plusieurs dizaines de calculateurs interconnectés, exécutant des millions de lignes de code. Cette transformation vers une mobilité intelligente offre d’immenses opportunités en matière de confort et de performances, mais elle s’accompagne de nouveaux risques de cybersécurité. Chaque interface de connectivité devient une porte d’entrée potentielle pour des individus malveillants.

Face à la multiplication des menaces pesant sur la sécurité des transports routiers, l’ingénierie automobile doit intégrer la protection informatique à chaque étape de la conception des produits. L’importance croissante des normes de cybersécurité contraint désormais les constructeurs et les équipementiers à adopter des méthodes rigoureuses de gestion de la sécurité.

Expert reconnu en systèmes embarqués, en télématique et en architectures électroniques pour le secteur automobile, DUNASYS accompagne les acteurs de l’écosystème dans la sécurisation de leurs activités. Les constructeurs doivent désormais intégrer la cybersécurité automobile tout au long du cycle de vie du véhicule, conformément à la norme ISO/SAE 21434.

 

Qu’est-ce que la cybersécurité automobile ?

La cybersécurité automobile englobe l’ensemble des mesures, technologies et processus visant à protéger les systèmes électroniques, les logiciels embarqués, les calculateurs (ECU), le réseau CAN et les canaux de communication des automobiles contre toute intrusion ou manipulation malveillante.

Dans un véhicule connecté, la sécurité du système embarqué ne se limite plus à la sécurité fonctionnelle, qui prévient les défaillances physiques ou matérielles. La sécurité du logiciel embarqué est aujourd’hui tout aussi vitale : une faille peut exploiter la connectivité du véhicule pour prendre le contrôle à distance d’organes critiques, comme le freinage ou la trajectoire. Garantir la protection d’un véhicule connecté, c’est assurer la sûreté des passagers et la confidentialité des données.

 

Pourquoi les véhicules modernes sont-ils exposés aux cyberattaques ?

L’intégration massive de nouvelles technologies transforme la voiture en un véritable ordinateur roulant. Cette complexité accrue élargit la surface d’attaque.

Véhicules connectés

Les véhicules connectés exploitent le Bluetooth, le Wi-Fi, la 4G/5G ou la clé mains libres. Chaque point d’accès est une vulnérabilité potentielle.

Mises à jour OTA

Les mises à jour à distance (Over-The-Air) permettent de corriger ou d’améliorer les logiciels. Mal sécurisées, elles peuvent servir de vecteur pour injecter un code malveillant dans plusieurs calculateurs.

Applications mobiles

Les applications compagnons permettent de verrouiller le véhicule ou de lancer le chauffage. Une brèche dans l’application donne aux pirates un accès direct au véhicule.

Cloud et télématique

Les données transmises aux serveurs pour la gestion de flotte ou les services intelligents créent une dépendance aux infrastructures cloud, exposant le système aux cyberattaques externes.

Communication V2X

Les communications V2X (Vehicle-to-Everything) connectent le véhicule aux autres automobiles et aux infrastructures routières. L’interception de ces flux peut perturber l’ensemble du trafic.

 

Les principales menaces de cybersécurité dans l’automobile

Intrusion sur le réseau CAN

Le bus CAN orchestre la communication entre les composants du véhicule. Une sécurité du bus CAN défaillante permet à un attaquant d’injecter de faux messages et de falsifier des commandes moteur ou de freinage.

Compromission d’ECU

En prenant le contrôle d’un calculateur secondaire, tel que l’infodivertissement, les cybercriminels tentent de rebondir vers la protection du calculateur principal afin d’altérer les fonctions vitales du véhicule.

Attaques OTA

Une attaque de type Man-in-the-Middle lors d’une mise à jour logicielle peut corrompre l’ensemble du parc automobile.

Vol de données

Les véhicules collectent des données personnelles : géolocalisation, trajets, contacts téléphoniques. Ces informations stratégiques sont des cibles privilégiées.

Usurpation de communication

L’usurpation d’identité d’un signal V2X ou d’un boîtier de diagnostic peut leurrer les calculateurs et provoquer des comportements dangereux.

Attaques sur les flottes connectées

Une faille broad-scale exploitée à grande échelle peut paralyser une flotte entière de véhicules de livraison, de transport ou de gestion de flotte, stoppant net les activités d’une entreprise.

 

Les systèmes les plus sensibles dans un véhicule connecté

  • Calculateurs ECU : véritables cerveaux électroniques, ils requièrent une validation stricte via des environnements de test. On y retrouve l’ECU test.
  • ADAS : les aides à la conduite reposent sur des capteurs et des algorithmes critiques qui imposent une cybersécurité ADAS sans faille.
  • Systèmes télématiques : ils font le lien entre l’architecture interne et l’extérieur via des boîtiers télématiques, indispensables pour la gestion de flotte ou les services d’autopartage.
  • Infodivertissement : très ouvert sur l’extérieur, il constitue la cible d’entrée numéro un.
  • Passerelles réseau : elles cloisonnent les différents bus du véhicule et garantissent la sécurité système embarqué.

Ces composants forment le cœur des systèmes embarqués développés par nos équipes en ingénierie.

 

ISO/SAE 21434 : la norme de référence en cybersécurité automobile

La norme ISO 21434 définit le cadre méthodologique universel pour structurer l’analyse et la réduction des risques cyber. Elle couvre l’ensemble des activités d’ingénierie, de la conception au démantèlement du produit.

Cette norme exige la mise en place d’une méthode TARA (Threat Analysis and Risk Assessment) pour identifier les vulnérabilités, hiérarchiser les menaces et appliquer des contre-mesures adaptées. La mise en œuvre d’une formation interne sur cette norme est aujourd’hui essentielle pour les équipes de développement.

  • Analyse des risques : Identification et hiérarchisation des vulnérabilités.
  • Conception sécurisée : Intégration de la sécurité dès la phase d’ingénierie.
  • Tests et validation : Évaluation rigoureuse des calculateurs avant déploiement.
  • Surveillance continue et mises à jour OTA : Suivi post-production et correctifs à distance.

 

UNECE R155 : les nouvelles exigences réglementaires

Adoptée par le Forum mondial de l’ONU, la réglementation UNECE R155 transforme ces recommandations en exigences légales. Elle oblige les constructeurs à mettre en place un CSMS (Cyber Security Management System) certifié. Sans ce système de gestion, aucun nouveau véhicule ne peut obtenir son homologation. L’UNECE R156 complète ce dispositif en encadrant la sécurité des mises à jour logicielles.

 

Cybersécurité et véhicules définis par logiciel (Software Defined Vehicle)

L’émergence des Software Defined Vehicles (SDV) fait migrer l’intelligence du véhicule vers des calculateurs centraux ultra-puissants. Cette évolution majeure implique :

  • Une architecture centralisée réduisant le nombre d’ECU mais augmentant la valeur de chaque cible.
  • Une dépendance accrue aux mises à jour OTA pour faire évoluer les fonctions du véhicule.
  • L’intégration d’IA embarquées nécessitant une protection renforcée des modèles algorithmiques.

Les perspectives offertes par le SDV placent la cybersécurité des véhicules connectés au centre de l’innovation automobile.

 

Comment sécuriser un système embarqué automobile ?

Une protection efficace repose sur une approche de sécurité en profondeur :

  • Analyse des risques : réaliser une étude TARA rigoureuse dès le début du projet.
  • Chiffrement : sécuriser les échanges sur le bus DuanaCAN et les données stockées dans les calculateurs.
  • Authentification : vérifier le code source et les signatures logicielles avant toute exécution.
  • Surveillance continue : intégrer un IDPS (Intrusion Detection and Prevention System) au réseau embarqué.
  • Tests de sécurité : procéder à des tests de pénétration et à la validation DunaDiag et Dunalog.
  • Validation des calculateurs : automatiser les procédures de qualification avec ECU Test.

 

L’expertise DUNASYS en cybersécurité automobile

Acteur référent dans le domaine de la technologie automobile, DUNASYS vous accompagne dans la sécurisation de vos architectures complexes. Spécialistes du diagnostic, des bus de communication et de l’acquisition de données embarquées via des solutions comme DCar-E, nos ingénieurs apportent une assistance technique de pointe pour sécuriser vos systèmes.

Que ce soit dans le cadre d’un projet sur mesure ou pour l’intégration de protocoles sécurisés, nos experts garantissent le niveau de qualité et la conformité exigés par les normes actuelles.

À retenir

  • La cybersécurité automobile vise à protéger les systèmes électroniques, logiciels et réseaux des véhicules.
  • L’essor des véhicules connectés et des mises à jour OTA augmente la surface d’attaque et les risques de cyberattaques.
  • La norme ISO/SAE 21434 encadre la gestion des risques cyber de la conception au démantèlement du produit.
  • La réglementation UNECE R155 conditionne l’homologation des véhicules à la mise en place d’un CSMS efficace.
  • Les calculateurs, les systèmes ADAS et la télématique sont les cibles prioritaires des menaces.

Réponses à vos questions

C’est l’ensemble des mesures techniques et méthodologiques destinées à protéger les systèmes électroniques, les réseaux de communication et les logiciels des véhicules contre les accès non autorisés et les cyberattaques.

L’intégration de la connectivité multiplie les points d’entrée, permettant à des attaquants distants de chercher des vulnérabilités logicielles.

C’est la norme internationale qui définit l’état de l’art en matière de gestion des risques de cybersécurité tout au long du cycle de vie des produits automobiles.

Il s’agit d’un règlement de l’ONU rendant obligatoire la mise en place d’un système de gestion de la cybersécurité pour l’homologation de tout nouveau véhicule.

En appliquant le chiffrage des communications, la signature du code, l’isolation réseau via des passerelles et des tests réguliers de sécurité.

Sans sécurité adéquate, un canal d’OTA peut être piraté pour injecter un logiciel corrompu simultanément dans toute une flotte de véhicules.

Oui, particulièrement en raison de leurs systèmes de gestion de batterie très sophistiqués et de leurs connexions aux infrastructures de recharge.